samedi 6 octobre 2007

Tout peut arriver

Tout peut arriver
Jonathan Tropper
Titre original : Everything Changes (traduit de l'americain par Nathalie Peronny)
U.S.A
2005


Zach se croit lancé sur les rails, fonçant en ligne directe vers le bout du tunnel. Un job qui paie bien, une fiancée au physique de top modèle, une belle maison financée entièrement par son millionnaire de colocataire... bref une de ces belles vies à la con qui font immanquablement dire aux quatrièmes de couverture que "Zach à tout pour lui". Mais bon, il va forcément lui arriver une couille à notre Zach (ben oui, on va pas nous bassiner pendant 400 pages avec le bonheur de Zach) qui va prendre la forme de quelques gouttelettes de sang dans son urine matinale. A partir de là, plus rien ne sera comme avant (d'où le titre du livre qui n'est pas un hommage déguisé de l'auteur à la politique de rupture particulièrement réussie de notre bienaimé président - se souvenir de son slogan de campagne -).

J'avais lu le premier roman traduit en français (en fait, son deuxième) de Jonathan Tropper et j'avais bien aimé. Là, je viens de finir son deuxième roman traduit en français (en fait, son troisième)et j'ai bien aimé aussi. On y retrouve son humour teinté d'ironie, son écriture pas désagréable mais sans trop de style (le style c'est mauvais pour les ventes, Dan Brown vous le confirmera), et tous ces bons ingrédients qui font qu'à peine sorti le livre est déjà en train de se faire adapter au cinéma. Parmi ces ingrédients, le moindre n'étant pas le happy end, Jonathan Tropper nous en a offert un beau comme il les aime, c'est-à-dire un peu nuancé quand même et légèrement mièvre (enfin, moi, j'ai trouvé). J'ai l'air de me moquer comme ça, mais en fait, j'ai été émue par certains aspects du livre comme la relation de Zach à son frère handicapé ou à son père. Suffisamment, en tous cas, pour me montrer indulgente envers les défauts du livre.

Les fabuleuses aventures d'un indien malchanceux qui devint milliardaire

Les fabuleuses aventures d'un indien malchanceux qui devint milliardaire
Vikas Swarup
Titre original : Q and A(traduit de l'anglais par Roxane Azimi)
Inde
2005



Ram Mohammad Thomas participe au jeu Qui Va Gagner un Milliard, équivalent indien de Qui Veut Gagner des Millions et réussi à répondre correctement aux douze questions posées par l'animateur. Jeune serveur sans culture, Ram se voit suspecté par la production du jeu d'avoir triché. Il est donc contraint d'expliquer les évènements de sa vie qui ont fait qu'il connaissait les réponses à chacune des questions.

En refermant ce livre, les mots qui me sont venus à l'esprit sont "mouais, sympa" (je tiens au mouais). Notre jeune héro est pauvre, honnête et gentil. Ses amis sont gentils. Malheureusement pour lui, il y a dans ce bas-monde des gens qui eux, sont méchants. Et les méchants, c'est bien connu, sont très souvent homosexuels (en fait, il s'agit plus de pédophilie que d'homosexualité mais on ne va pas chipoter dans la mesure où le narrateur, lui, ne chipote pas) ou alcoolique.

L'auteur ne semble pas être à un cliché près et la morale est toujours sauve. Une morale un peu homophobe et emprunte de la loi du Talion mais avancée avec tant de candeur que ça en devient presque touchant. Le tout servi par une écriture sans saveur... Ami lecteur, si vous cherchez à découvrir la littérature indienne, passez votre chemin. Mais étant parvenue sans trop d'effort à le finir, je dois quand même lui reconnaitre une qualité, il se lit facilement. C'est très pratique lorsque, comme moi, vous lisez beaucoup dans les moyens de transport.

lundi 1 octobre 2007

Comment devenir un monstre

Comment devenir un monstre
Jean Barbe
Canada
2004



Viktor Rosh est un ancien milicien, arrêté pour crime de guerre. François Chevalier est un avocat alcoolique envoyé par avocats sans frontières aidé à la défense de celui que la presse surnomme le Monstre. Mais, celui-ci refuse obstinément de parler. Or, pour pouvoir lui assurer une bonne défense, Chevalier a absolument besoin de comprendre ce qui a poussé cet homme à tuer.

L'histoire se déroule dans un pays d' Europe qui se relève à peine de deux guerres civiles. Né après la première, Viktor Rosh commettra tous ses crimes pendant la deuxième, en tant que milicien. Ce qui ne l'empêchera pas d'aller au delà de ce que la guerre "exige" et de tomber dans la violence gratuite.

Le meurtre d'un enfant fait douté l'avocat de la santé mentale de son client. Il part donc à la recherche de gens qui ont connu Viktor Rosh afin de connaître sa vie et tenter de répondre à cette question : Comment Viktor est-il devenu le Monstre?

Dans ce roman à deux voix (celle de Viktor Rosh et celle de François Chevalier), Jean Barbe pose la question de ce qu'est un être humain. Qu'est-ce qu'un être humain quand il donne la mort? Quelle différence entre un soldat et un criminel?

L'auteur nous offre ici un roman fort et profond sur notre condition d'humain, sans manichéisme, ni angélisme. Il s'agit d'un livre dur, non pas tant par les faits qu'il raconte que par les questions qu'il pose.

" Donnez une arme à un gosse, et il sera bientôt le roi de l'école, quitte à avoir de moins en moins de sujets à régenter.
Donnez-lui une arme et vous en faites un monstre. déclarez la guerre et vous aurez des centaines, des milliers de monstres."

mercredi 5 septembre 2007

LA CHAMBRE DEROBEE de Paul Auster


Un jour, une femme, Sophie, vient trouver le narrateur de la chambre dérobée pour lui parler de son meilleur ami, Fanshawe, qu'il n'a pas vu depuis depuis de nombreuses années. Ce dernier a disparu il y a un an, alors que la jeune femme était enceinte. Sophie vient trouver le narrateur pour lui confier les manuscrits laissés par Fanshawe et décider ce qu'il convient d'en faire.

C'est bien ma veine. Je déambule à la bibliothèque à la recherche de mon premier Auster, je tombe sur celui-ci et me dis qu'il a l'air pas mal, je l'embarque et constate en cours de lecture qu'il s'agit du troisième volet de la Trilogie New-Yorkaise. Moralité : il faut toujours lire les quatrièmes de couverture en entier. Cette découverte n'a cependant pas nuit à la compréhension de ce court roman. Mais j'imagine que certaines subtilités ont du m'échapper. Finalement, je garde de cette lecture un souvenir agréable (mais pas imperrissable) mais emprunte de frustration. Car Auster pose la question de l'identité mais j'ai trouvé que ça manquait de profondeur. Peut-être que si j'avais lu les deux premiers volumes, mon impression airait été toute autre.

mardi 28 août 2007

REBECCA de Daphné Du Maurier

Accompagnatrice d’une vieille dame fortunée, une jeune femme rencontre à Monté Carlo le beau et riche Mr De Winter, veuf depuis moins d’un an. Très vite, il l’épouse et l’emmène vivre dans sa somptueuse demeure d’Angleterre, Menderley. La nouvelle épouse tente de construire un semblant de bonheur mais l’ombre de la 1ère Mrs De Winter, Rebecca, plane toujours sur Menderley…

Une chose est certaine, Daphne Du Maurier n’écrit pas avec son pied gauche. Son style un brin désuet et so british a une puissance d’évocation qui sied à merveille à l’atmosphère pesante du roman. Une atmosphère qui enveloppe le lecteur pour mieux le balader, le perdre et le récupérer là où il ne s’attendait pas à se trouver.

lundi 13 août 2007

L'ASSOMMOIR d'Emile Zola


Après avoir remarqué que les classiques de la littérature française étaient relativement absent de la blogsphère, Lou a lancé un défi sur son blog : en lire au moins un pendant l'été. N'écoutant que mon courage, je me suis donc lancée dans la lecture de L'assommoir.

Zola a dit de son roman que "c'est une oeuvre de vérité, le premier roman sur le peuple qui ne mente pas et qui ait l'odeur du peuple." Gervaise vient d'être abandonnée par le père de ses deux enfants quand elle rencontre Coupeau, un ouvrier zingueur qui lui fait une cour assidue jusqu'à ce qu'elle accepte de l'épouser. Le jeune couple vivra alors dans un bonheur tranquille, travaillant tous deux, lui comme zingueur, elle comme blanchisseuse. Mais Coupeau tombera un jour d'un toit et leur existence sombrera alors dans la déchéance.

Il y avait bien longtemps que je n'avais pas lu de Zola. Et c'est avec beaucoup de bonheur que j'ai retrouvé son écriture très vivante, son humour et sa peinture sociale du milieu ouvrier du 19ème siècle. L'auteur n'a pas son pareil pour mettre à jour les petites bassesses et mesquineries de ses personnages, n'hésitant pas à les égratigner et à les tourner en ridicules. Le langage très fleurie qu'il utilise donne une couleur comique aux évènements les plus sombres et rend la lecture de ce roman tout à fait digeste. Un régal. Merci Lou !

mardi 24 juillet 2007

PRODIGE de Nancy Huston


Voici un roman polyphonique autour de la naissance d'un petite fille venue au monde trop tôt. Alors que Maya est en couveuse, Lara, sa mère, décide de la garder en vie en lui parlant de sa prochaine vie, celle d'une enfant prodige, d'une fée musicienne. Chaque personnage prend à son tour la parole pour nous raconter cette histoire d'amour, de vie et de musique.

Nancy Huston a une belle écriture poétique qui envoûte le lecteur, le berce et l'amène en douceur au bout de ce court roman. Un livre où rêve et réalité, amour et folie se mélangent. Un livre qui a su me toucher.